En réalisant un triplé historique sur marathon en ouverture de ce Mondial, les Kenyanes ont donné le ton. Trois coups de canon, bang, bang, bang !
Et la finale du 10000 mètres pourrait bien se situer dans le même flux, dans la même veine, trait d'union avec cette ligne bleue du marathon sur laquelle Edna Kiplagat a semblé s'envoler dans un final limpide comme les eaux du Nil à sa source.
Elles seront donc 19 au départ (ce soir à 21 heures - 14 heures en France), un pack très homogène où comme sur marathon, les Européennes auront du mal à exister. Si en une décennie, le niveau d'ensemble du 10 000 mètres féminin a peu évolué en terme de densité chronométrique (Cette année 26 athlètes sous les 32' et 4 sous les 31' contre 31 athlètes sous les 32' et 6' sous les 31' en 2002), le bouleversement est intervenu du côté de notre vieux continent. C'est un ouragan qui est venu souffler pour réduire l'effectif des Européennes à un chiffre chagrin. En 2002, elles étaient 14 à pointer sous les 32 minutes, elles ne sont plus que 4, un véritable couperet et dans cette impitoyable chasse à cour, Christelle Daunay a sauvé sa tête.
La Française qui a préféré opter pour le 10 000 mètres, sera bien en lice, pas seulement pour sucer la roue et subir le train mais prendre le bon wagon qui pourrait la conduire au record de France.
Même si l'humidité viendra légèrement durcir la course, les conditions devraient être idéales pour que la Française soit aspirée vers ce record, 31'42»83 établi par Rosa Murcia dans l'anonymat d'un petit meeting belge en 1992.
Pour cela, elle doit rester concentrer sur ce qu'elle sait faire le mieux, prendre une foulée, un rythme métronomique, appris et répété à l'entraînement sous l'oeil averti de Cédric Thomas, et tenir, sans varier d'un souffle, sans s'occuper de la bataille pour le titre qui devrait opposer Vivian Cheruiyot (tenante du titre sur 5000 m) et Meseret Defar qui toutes les deux ont déclaré haut et fort qu'elles souhaitaient réaliser le doublé.
Seul ennemi pour Christelle Daunay, que la course s'enlise, que le peloton s'endorme, sans patronne, et que nous assistions à une finale à la «Bekele» avec une explication dans le dernier tour.
Un cas de figure que personne ne souhaite, pour que le spectacle soit total.
En mars sur le champ de cross engazonné de Punta Umbria, Vivian Cheruiyot avait démontré qu'elle avait le cran, le mordant et le culot de s'évader sans s'occuper de personne pour remporter son second titre de championne du monde de cross. A Daegu, sera-t-elle dans la même dynamique ? Le clan kenyan a déjà les oriflammes prêtes à être gonflées.
Publié le 27 août 2011 à 09h07, par Gilles Bertrand
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