Alors que les Etats Unis ont vraiment montré la voie à suivre, que peut faire la France pour sauver son demi fond long ? Car jamais les bilans chronométriques n’ont été aussi catastrophiques, reléguant le 5000 et le 10000 m qui se tiennent par mains, désespérés, un pied dans le vide, vacillant au bord d’un précipice.
Le 10 000 m est moribond et le 5000 m autant, la couverture montée haut sur les oreilles pour cacher le mal. Pour preuve, seules deux femmes sont pointés dans les bilans sous les 16 minutes et un seul sous les 13’30 » plaçant Hassan Hirt avec ses 13’25»42 à la 84ème place mondiale et pour enfoncer bien creux l’aiguille, seulement 14 hommes ont réussi moins de 14 minutes. Excusez du peu !
Alors reposons la question, que peut faire la FFA pour sauver ces deux distances du chavirage alors qu’à l’inverse le 1500 m dans une certaine mesure mais surtout le steeple démontre toute sa compétitivité au plus haut niveau mondial, un paradoxe.
Suivre l’exemple américain ? En créant des structures privées ? Ce n’est pas le rôle de la FFA d’agir ainsi. Suivre avec beaucoup plus d’attention la génération juniors mais surtout celle des espoirs qui a du mal à franchir la grande marche conduisant aux seniors. Nourredine Smail brillant à Barcelone et absent cette saison, Hassan Chaadi étincelant en cross cet hiver et dans le doute le printemps et l’été venu, sont deux exemples significatifs de la fragilité et du climat d’insécurité à franchir les étapes.
Christelle Daunay a démontré qu’il faut du temps pour jaillir au plus haut niveau mondial, qu’une structure sans faille est nécessaire pour entourer l’athlète, qu’un entourage équilibré est essentiel pour aboutir au plus haut niveau. C’est un exemple à suivre, une modélisation typée à mettre en place pour ces jeunes talents qui ne doivent pas tomber dans la fatalité mais dans l’espoir de réussir ne serait ce qu’à l’échelle européenne. Et en cela, un championnat d’Europe de cross chaque année et des Europe d’athlé tous les deux ans sont autant de rendez vous pour construire une carrière sur le long terme.
Et sur ce 5000 mètres même si Clémence Calvin, 4ème ax Europe espois, tenta bien de mener les affaire courantes sur 2000 mètres, mais elle ressentait ce souffle puissant sur la pointe de son épaule. Christelle Daunay engageait le rythme attendu, 1'17 » à chaque tour, 6'32 » au 2000 m et 9'30 » au 3000 m. La chose était entendue et le coach ne dissimulait pas son sourire.
Explication de Cédric Thomas qui découpe la course de sa protégée comme des tranches de carpaccio : « Elle était obligée de passer par ici, donc elle a fait le métier. Il laisse défiler les temps sur son chrono : « Ah, 9'30 » au 3000 m, pal mal, c'est l'allure 10 000 m ».
Le coach en oublie les petits instants de doute qui ont fait des vagues il y a encore peu dans la tête de la marathonienne. Retrouver les sensations, retrouver les qualités de pied par un gros travail de lattes, retrouver tout simplement la motivation par de multiples petites séances qui redonnent le rythme et l'envie d'aller plus loin.
« Elle court bien depuis 5 jours » précise Cédric Thomas qui n'hésite à s'engager : « La préparation sera pile poil et l'objectif à Daegu sera le record de France dans une course où Defar et Cheruiyot ne se feront pas de cadeaux. Dans un petit sourire, il avance un chrono : « Allez 31'20, 31'30 » ne me semblerait pas anormal ».
Pour ensuite rebondir sur marathon. Mais il laisse le soin à Christelle de donner elle même le nom de la ville où elle dépliera son grand compas. Réponse de Christelle, la championne de France du 5000 m sur lequel pèse tout le poids du demi fond long : Ce sera Chicago car c'était le mieux placé, 6 semaines après Daegu ».
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