. Quand a pris fin ta saison hivernale ?
-C’est difficile à préciser parce que cet hiver, je n’ai pas travaillé spécifiquement la saison, mais plus dans l’optique de celle d’été. Voilà pourquoi, j’ai décidé de ne pas courir de marathon au printemps. Cela m’a permis de bien récupérer de l’entraînement et des compétitions auxquelles j’ai pris part. J’ai participé à deux semis, dont j’avais fait des objectifs et j’ai également couru les France de cross. Donc, si on veut parler de saison d’hiver, je dirais qu’elle a pris fin à l’issue du Semi-marathon de Prague le 02 avril dernier. Maintenant, je vais m’attaquer à la piste.
. Dans quelle optique cette première partie de la saison a été conçue de la sorte ?
-Déjà, je voulais vraiment bien récupérer du Marathon de New York. Je ne tenais pas à reprendre fatiguée. J’ai renoué début janvier avec la compétition, à l’occasion de la Prom’Classic, pour voir où j’en étais. Ensuite, on a programmé deux semis de haut niveau, afin que je me confronte avec les meilleures, pour rivaliser et rester au contact le plus longtemps possible. Le but consistait à prendre des risques et à se mettre en danger dans l’optique de l’avenir. Mais, cela ne s’est pas concrétisé au plan chronométrique. Cependant, il ressort toujours quelque chose de ce genre d’expérience. On apprend à s’accrocher dans l’effort, bien qu’en progressant dans la difficulté. C’est crucial pour le futur. Sinon entre temps, juste une semaine après le semi aux Emirats, il y a eu les France de cross, que j’ai abordé dans la foulée, si l’on peut dire. Même si j’ai décroché un 3e titre, il ne s’agissait pas d’un objectif en soi, mais plutôt de courir pour le SCO Sainte-Marguerite et de ramener victoire par équipe.
. Quelles explications apportes-tu au fait que tu n’as pas réussis de meilleurs chronos sur semi ?
- Aux Emirats en février, le départ avait été fixé à 7 heures du matin et je n’ai pas récupéré du décalage horaire. Ca revenait à démarrer à 3 heures. Mon organisme n’a pas accepté cette contrainte. En plus, ce jour-là je me suis rapidement retrouvé esseulée et lorsque l’on se livre à un contre-la-montre, il apparaît difficile de réaliser un super chrono, même si au final mon temps a été correct. A Prague, j’ai fait moins bien qu’à Dubaï et j’étais déçue, car il n’existe pas de circonstances permettant d’expliquer ma contre-performance. Je n’ai pas d’explications. Je suis partie en surrégime et il est dur de bien finir dans ces conditions. Toutefois, cela ne m’a pas découragée pour autant. Je n’ai pas baissé les bras. Je n’ai pas remis en cause la préparation de Cédric Thomas, mon entraîneur et j’ai décidé de concentrer toute mon attention sur les échéances de l’été. Notamment le 10000 mètres. Néanmoins, je me demande si le fait d’avoir été éloignée de mon entraîneur cet hiver n’a pas influé sur mes performances. Pour trouver de bonnes conditions d’entraînement en raison du froid, je me suis souvent exilée et sans doute m’a-t-il manqué l’absence d’un regard objectif lors de mes séances, d’où une difficulté à transposer en compétition, ce qui est accompli à l’entraînement. Depuis Prague, il assiste de nouveau à mes entraînements et cela m’est bénéfique. Ca s’est retrouvé le week-end dernier aux 10 km de Manchester.
. Ce 10 km s’apparentait-il à un test ?
- Aux Emirats et à Prague j’avais souffert tant au plan physique, qu’au plan mental. Donc, à Manchester le but consistait plus à retrouver du plaisir et de bonnes sensations, car quand tu évolues seul sur la route, tu n’es jamais très à l’aise. Là, ça s’est bien passé. Je suis parvenue à transformer les séances en bonnes sensations et en plaisir en vue de la Coupe d’Europe sur piste et sur 10000 mètres.
. Ce 10 km marquait-il ta rentrée « D’été » ?
-Non. Le 08 mai, j’ai couru le premier tour des interclubs sur 1500 mètres. Seule, j’ai fini en 4’22’’. Là, j’ai pensé que c’était de bon augure en vu de Manchester la semaine suivante, où je suis passée juste sous les 32’, alors que les conditions de course étaient défavorables. Il y avait beaucoup de vent et il faisait 10°. On n’est plus habitué à une telle température. On est passé en 16’08’’ au 5 km. Mais, il y avait de la densité et ce jour-là, j’ai réussi à me bagarrer et à décrocher la seconde place.
. En attendant la Coupe d’Europe prévue le 04 juin à Oslo, comptes-tu recourir sur piste ?
- Le 29 mai, comme l’an passé, je courrai le 5000 mètres du meeting d’Hengelo aux Pays-Bas. Ca me permettra de m’aligner sur une compétition sur piste au contact d’un groupe, tout en me préparant pour le 10000 mètres.
. Qu’attends-tu de cette coupe d’Europe ?
-Déjà, réaliser les minima pour Daegu, placés à 31’45’’. Aussi, j’aimerais bien battre le record de France, qui date de 1992. Rosa Murcia avait réussi 31’42’’83. Je suis confiante dans mon entraînement. Pour la première fois depuis 2007, je n’ai pas couru un marathon de printemps. Cela compliquait les choses, puisqu’il est compliqué de connaître deux pics de forme dans un laps de temps si court. Il reste 15 jours. Il va falloir garder la forme et ne pas se blesser.
Interview Christophe Rochotte
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