FFA : Christelle Daunay : « Les Jeux, un challenge très relevé »

Cinquième du marathon de Chicago dimanche dernier en 2h26’41’’, Christelle Daunay a réalisé outre-Atlantique un chrono en deçà de ses objectifs. Mais la fondeuse du SCO Sainte-Marguerite Marseille entraînée par Cédric Thomas a sauvé l’essentiel, en décrochant son billet pour les Jeux olympiques de Londres pour une poignée de secondes. Contrat rempli donc, surtout que la Française a tout de même réalisé le troisième temps de sa carrière. De retour dans l’Hexagone mardi, Christelle Daunay reprendra l’entraînement dans les jours qui viennent avec envie. La tête déjà aux J.O.



FFA : Christelle Daunay : « Les Jeux, un challenge très relevé »
Athle.com : Christelle, vous avez réalisé pour dix-neuf secondes les minima sur marathon pour les Jeux de Londres, à Chicago dimanche dernier. Quel a été votre premier sentiment en franchissement la ligne d’arrivée ?
Christelle Daunay :
J’ai ressenti du soulagement et de la joie à l’idée d’avoir les minima (2h27’00’’) en poche. Jouer sa qualification pour les Jeux sur une course, ça n’était quand même pas rien. Mais il y avait aussi de la déception à l’arrivée par rapport au chrono, qui n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais. Je partais avec l’objectif de battre mon record de France sur un parcours réputé rapide. J’avais réalisé l’entraînement pour courir en moins de 2h24. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme prévu. 2h26’41, ça reste tout de même une belle performance. C’est le troisième meilleur chrono de ma carrière.

Avez-vous senti tout de suite que la course allait être très difficile ?
J’ai eu, dès le départ, le sentiment que je n’avais pas les jambes des grands jours. Mais, sur un marathon, les sensations peuvent venir plus tard. J’ai donc laissé faire la course et je suis partie sur des bases élevées. Je suis passée en 34’ au 10 km. Je me suis pourtant retrouvée seule très vite. Et, au bout d’un moment, la solitude finit par peser un peu.

Racontez-nous la suite de votre marathon…
Je me suis endormie entre le dixième et le quinzième kilomètre. J’ai ensuite relancé jusqu’au vingt-cinquième. Je suis passée au semi en 1h12’13’’. J’étais donc encore sur les bases du record de France. Mais après, mon rythme est à nouveau un peu retombé. Je me suis battue plus contre moi-même que contre les autres filles. Il y avait parfois quelques garçons à mes côtés. Mais il n’y avait pas un groupe à l’allure régulière. Je suis tout de même revenue sur deux filles entre le vingtième et le vingt-cinquième kilomètre. Je me suis alors retrouvée à la cinquième place et ça m’a motivée. Je me suis aussi accrochée jusqu’à la fin en pensant aux minima et en me battant pour relancer.

FFA : Christelle Daunay : « Les Jeux, un challenge très relevé »
Sentiez-vous que la qualification pour Londres allait se jouer à rien ?
Sincèrement, je ne savais pas la marge qu’il me restait à la fin. Je ne pouvais plus faire de calculs. Le chrono défilait mais j’étais un peu perdue au niveau des chiffres, entre les miles et les kilomètres. Avoir réussi à me battre seule pendant ce marathon est en tout cas un point positif. Il ne faut pas oublier la performance, avec les minima pour les Jeux au bout. On analysera le reste un peu plus tard, pour essayer de comprendre pourquoi j’avais un peu moins de jambes que d’habitude dimanche.

Avez-vous déjà une petite idée sur la question ?
Avec mon coach, nous allons chacun faire le point de notre côté avant de débriefer tout cela ensemble. Il ne faut pas oublier que, cette saison, j’ai travaillé de manière différente en préparant d’abord le 10 000 m. Je n’avais pas couru de marathon depuis un an. Ca compte aussi. Maintenant, il ne me reste plus qu’à repartir de plus belle. Rien n’est encore défini au niveau de mon programme. Je participerai peut-être aux Championnats de France de cross pour mon club.

Quand comptez-vous reprendre l’entraînement ?
Je suis au repos jusqu’à au moins ce week-end. Après, ça dépendra de mon envie. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut que j’aie vraiment bien récupéré avant de repartir à l’entraînement. Se préparer l’hiver, c’est quand même difficile. L’organisme doit être bien prêt, tant sur les plans physique que mental.

Vous avez participé en 2008 aux Jeux olympiques de Pékin. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je me souviens d’abord du partage avec les autres sportifs, avec toute l’équipe de France réunie. Ce sont des moments magiques que tout athlète veut vivre au moins une fois dans sa carrière. A l’époque, je n’avais pas les moyens de faire une grosse performance. J’avais terminé vingtième. A Londres, je serai plus dans l’envie de faire quelque chose de bien avec une meilleure place, même si le marathon féminin a explosé ces derniers temps. Les chronos qui ont été réalisés depuis le début de l’année sont très costauds. C’est un challenge très relevé qui m’attend.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.com

Vendredi 14 Octobre 2011
Christelle Daunay
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Qui suis-je ?

Christelle Daunay

Christelle Daunay
Licenciée au club de la sco sainte marguerite Marseille
Spécialiste cross, piste et route
25 sélections en équipe de France

Mes records :
10000m : 31'44"84
10km : 31'59
Semi : 1h08'34 (Record de France)
Marathon : 2h24'22 (Record de France)

Mon palmarès :
Championne de France de cross en 2007, 2009 et 2011
Championne de France du 5000m en 2003, 2004 et 2011
Championne de France du 10000m en 2006, 2008 et 2009
Championne de France du semi en 2004
Championne de France de marathon en 2009
20ème des Jeux Olympiques de Pékin en 2008


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