48 HEURES APRES...
Je vous donne enfin des nouvelles. Des vidéos et photos vont être mises en lignes pour revenir sur cette fabuleuse aventure. Pour résumer, un seul mot : FANTASTIQUE...Que ressentir quand vous réalisez l'objectif que vous vous étiez fixé le jour J, quand vous voyez des larmes de joie dans les yeux de vos proches qui attendaient attentivement votre arrivée, quand vous vous rendez compte que vous avez procuré de la joie autour de vous, quand vous lisez des dizaines et dizaines de messages de félicitations avec des mots qui vous serrent la gorge....QUE DU BONHEUR !!!!
Pour en revenir un peu plus précisément sur notre course, je dirai déjà que nous avions les conditions idéales pour courir avec une température légèrement fraiche et pas de vent contrairement aux jours précédents. Je m'étais préparée sans bobos, sans retard de programme donc j'abordais ce marathon avec un mental au top. Il restait à savoir si les jambes répondraient présentes. Avec Fred, tout était cadré pour que je cours sans appréhension. J'étais prête mentalement à courir seule si une défaillance quelque conque arrivait à Fred (douleur, blessure, chute...). Le premier kilo ( 3'15) en descente est toujours rapide donc je commençais à me régler qu'à partir du 2è. C'est le début du marathon. J'étais un peu gênée par les garçons qui s'étaient calés dans ma foulée : ils me montaient sur les talons. Quelques petites remontrances et tout rentrait dans l'ordre. Le 1er 5 km (17'15) était rapide mais nous tenions encore compte du départ sur les champs. Fred me guidait sur l'allure pour essayer de bien se caler en fonction de la topographie du parcours. Nous passons le 10è kilo en 34'30, bien trop rapide par rapport à notre plan de marche. C'est un lieu où les spectateurs sont bien massés alors j'avais ordre de ne pas me laisser porter par la foule. Puis nous nous dirigeons vers Vincennes, toujours accompagnés d'un bon groupe d'hommes. Le chrono du 15è annonçait 51'56. J'ai un peu ralenti l'allure. Pas d'inquiétude, j'étais partie sur des bases trop élevées (2h25). Nous avions prévu de passer à mi-course en 1h13'20 et non pas en 1h12'48. A cet instant, un doute s'est installé dans ma tête. Je me suis dit : tu pars au suicide, ce sera de ta faute si tu fonces dans le mur. Pour référence, à Osaka, j'étais passée en 1h13'10. Fred me dit de faire attention à l'allure et de bien gérer la course. En aucun cas, lui ne me donnait le rythme c'est moi qui faisait ma course. Je positivais à nouveau en me remémorant le travail accompli avec les séances d'entrainement effectuées contre le vent. La tranche du 20 au 25 s'est engloutie en 17'11, très, très vite mais le parcours nous le permet. Toujours la même question me trottait dans la tête mais j'essayais de l'oublier. Je devais me concentrer pour aborder les tunnels, portion difficile du marathon. D'autant plus que je remontais au classement. A la sortie des tunnels, au 30è, je passais de la 8è place à la 4è. 5 kilos en 17'29 (30è : 1h43'40) malgré les côtes ce qui était très encourageant pour la suite. J'étais encore plus motivée. Il ne me reste plus que 10 kms à tenir avec la rue Mirabeau au 32è à monter et la côte du 36è à franchir. Arrivée au 35è (2h01'01), avec un chrono de 17'21 dans la dernière portion de 5 kilomètres et des jambes encore présentes, j'étais rassurée pour la suite. Fred continuait à m'encourager et me disait que nous reprenions du temps à la 3è. Je savais que j'allais battre le record alors je me suis relâchée mentalement . Au 40è (2h18'22), j'ai tout donné, nous avions la 3è en point de mire. Un podium et un record de France à Paris me forgeait un mental d'enfer. Les mètres passaient, je revenais, je grappillais du terrain sur mon adversaire mais vais-je réussir à la doubler. Oui, au 41,5 km : elle ne s'accroche pas, génial, mais je ne me relâche pas trop, elle est juste derrière. A l'entrée de la dernière ligne droite, ça y est c'est fait...record de France, podium...2h25'43 : un temps de référence internationale qui est à la hauteur pour un record national. Immense joie, un peu bousculée entre les journalistes qui veulent faire leur travail,la bénévole qui me suit partout pour que j'aille au contrôle (nous n'avons plus l'heure de délai), les dirigeants de la cérémonie protocolaire et tous ceux qui veulent me féliciter. En discutant un peu, tout rentre dans l'ordre. Aujourd'hui, les courbatures et la fatigue prennent le dessus mais je prend conscience en regardant les bilans mondiaux de la performance que j'ai réalisée. Je vais bien récupérer maintenant. A la fin de semaine, les courbatures auront disparu mais je ne chausserai pas pour autant les baskets. Des nouvelles de Fred....il est bien fatigué puisqu'il a enchainé une journée de garde mais il est prêt à repartir dans quelques jours à l'entrainement pour atteindre ses propres objectifs. Bonne récupération à tous ceux qui ont parcouru ces 42,195 km. Mardi 7 Avril 2009
Stéphane Gonzalez
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Qui suis-je ?
Christelle Daunay
Licenciée au club de la sco sainte marguerite Marseille
Spécialiste cross, piste et route 25 sélections en équipe de France Mes records : 10000m : 31'44"84 10km : 31'59 Semi : 1h08'34 (Record de France) Marathon : 2h24'22 (Record de France) Mon palmarès : Championne de France de cross en 2007, 2009 et 2011 Championne de France du 5000m en 2003, 2004 et 2011 Championne de France du 10000m en 2006, 2008 et 2009 Championne de France du semi en 2004 Championne de France de marathon en 2009 20ème des Jeux Olympiques de Pékin en 2008
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