J'ai eu chaud c'est le moins que l'on puisse dire ,pendant et après la course. Je n'ai su qu'une trentaine de minutes après mon arrivée si j'avais le précieux sésame pour Daegu. Revenons sur cette compétition...
Avant course :
J'avais mis de côté mon abandon pour aborder sereinement cette Coupe d'Europe. Pendant la semaine, beaucoup s'inquiétait de mon état de forme. Il est vrai que ce n'est pas encourageant d'abandonner mais je savais pourquoi et au final, j'ai eu raison. Sabrina Mockenhaupt avec qui j'étais à Hengelo (15'24 au final) a souffert alors qu'elle souhaitait faire moins de 31'15. Avec une petite séance dans les jambes, je me rendais donc au regroupement de l'équipe de France. Depuis 2/3 ans, celle-ci est similaire à un ou 2 représentants près. En féminine, malheureusement, nous ne sommes pas nombreuses à pouvoir porter le maillot bleu blanc rouge, seule Christine Bardelle a le niveau pour être en équipe de France.
Vendredi, notre journée débute à 7h30 pour enchainer plusieurs heures de transport. Je n'aime pas trop voyager longtemps la veille d'un gros objectif. Surtout quand nous sommes un collectif car nous mettons plus de temps à faire les choses. De plus, c'est une organisation européenne avec un protocole. Il est vrai que j'aurais préféré partir jeudi soir. Je fais malgré tout abstraction de cela. Le vol, le trajet en train de l'aéroport à l'hôtel(rien à voir avec le RER B pour ceux qui connaissent) puis la marche à pied jusqu'à l'hôtel s'enchainent bien. Nous arrivons quand même à 13h à l'hôtel sans avoir mangé. Un peu fatigués nous souhaitons aller nous restaurer avant de prendre les chambres afin de ne pas avoir une digestion tardive qui occasionnerait un entrainement tardif. Mais là, l'hôtel nous dit que nos chambres ne sont pas prêtes avant 16h. Colère! Tout le monde râle. Négociations, attente font que nous n'allons manger que vers 13h30. Et là, le pompon rien à manger ou du moins peu de chose. Nous sommes la dernière équipe à arriver et le self ouvert jusqu'à 14h est quasiment à sec. Un seul plat : poisson (qu'il faut aller chercher au fond du plat car il est noyé dans une sauce blanche) et riz archi collant sont au menu. Tout le week end, il n'y aura pas de choix de plat et s'il ne vous convient pas cela sera salade verte et fruit. Comme tous les athlètes se ruent sur les fruits, si vous avez le malheur d'être dans les derniers arrivés, pas sûr d'en manger. Pour un hôtel de cette qualité, nous avons été mal pris en charge. Je crois que la direction de l’hôtel ne souhaitait pas accueillir les délégations. Du coup, les athlètes se rattrapaient le matin sur le petit déjeuner qui était identique aux autres clients. Le ventre peu chargé, nous pouvions aller faire la sieste sans problème mais encore fallait-il que nous ayions des chambres. Au final, celles-ci allaient être disponibles à 14h45. Ce n'est pas fini...l'eau. Nous n'avons pas d'eau. Avec les transports en avion c'est galère de s'hydrater. Débrouillez vous, l'organisation ne fournit pas d'eau. Nous avons dû aller acheter notre eau (d'habitude, en compétition, l'eau nous est approvisionnée). Nous avons dû faire du change pour s'acheter de l'eau
Enfin, tranquille. La chambre est confortable, nous sommes bien installées. La sieste était la bienvenue puis entrainement à 17h30. Au programme, 30' cool dans un jardin botanique à 5' de l'hôtel et des lignes droites. Le soleil est bien présent ce qui nous dit que le lendemain nous risquons d'avoir chaud. Les sensations sont correctes, les jambes sont lourdes en raison du voyage.
Repas du soir à l'identique du midi, un seul plat : lasagnes à l'agneau (personne en a pris) et riz blanc, salade verte, fruit. Nous n'avons pas beaucoup rechargé la veille de la compét. Puis rendez vous à 21h pour la réunion générale. Au programme, débriefing de la réunion technique avec l'ensemble de l'équipe de France, remise de dossards, objectifs de chacun et organisation du lendemain.
JOUR J :
Lever à 8h après un début de nuit difficile. La chaleur de la chambre m'a empêché de m'endormir à l'heure que je souhaitais. Un bon petit déj et là, nous ne nous sommes pas fait priés, nous avons bien rechargé. Nous avions le temps car la compétition avait lieu pour nous les filles à 18h15. La veille, nous, athlètes, avions demandé à ce que les courses soient retardées. En effet, il n'y avait que 3 courses au programme, que du 10000m ( 16h30/17h30/18h15) et les instances ne nous mettent pas dans les meilleures conditions. Ils nous font courir en pleine après midi alors que les athlètes viennent chercher des minimas sur une des seules compétitions organisées en Europe. Ce n'est pas juste pour nous. Pas de changement malgré nos demandes. Départ de l'hôtel à 15h30 avec les gars. J'ai la chance d'avoir été rejointe par Cédric qui a fait le déplacement jusqu'à Oslo. Nous prenons gaiement le bus pour le stade Bislett, le stade où le meeting diamond ligue aura lieu jeudi 9 juin. Il sera plus rempli que pour nous. Aucun spectateur n'a fait le déplacement ce samedi.
LA COURSE :
Echauffement sous le stade sur une piste couverte de 500m. Chambre d'appel 20' avant la course. Dernières lignes droites avant d'arriver sur le stade. Tout va bien. La chaleur nous accable un peu en rentrant sur le stade puisque nous étions au frais sous le stade. 39 athlètes au départ (38 + 1 lièvre), la bousculade pendant 1 tour sera certainement au programme. La lièvre doit nous emmener sur les bases de 3'08/km (31'20) au moins 5 kms. Mon objectif : 31'40 donc je ne souhaitais pas suivre d'entrer mais rester au contact quand même. Coup de pistolet ! J'ai un peu de mal à me placer. Pas de corde alors couloir extérieur derrière l'anglaise qui a gagné Manchester et à coté de Moreira. Je suis bien, un peu balladée à l'extérieur mais ce n'est pas grave. 3'09"5 le premier kilo, un peu en retard sur les prévisions mais pour moi c'est pile l'allure. 3'10 2è kilo. La lièvre court par à coups et on est obligé de lui dire go, go pour qu'elle adopte une bonne allure. 9'29"3 toujours sur les bases de 31'40. La lièvre n'est vraiment pas dans le coup, elle nous fait un kilo en 3'12 et s'arrête au 4. C'est le drame, un temps de temporisation se sent dans le peloton. Celle qui va mener sera t-elle relayée par ses adversaires ? Il reste 6 kms. Je n'ai pas le meilleur chrono donc je décide de rester en retrait. L'anglaise prend alors la tête mais n'accélère pas pour autant donc Moreira passe. 15'52"7 passage au 5000m. L'allure bouge peu alors je décide de passer. Il faut aller chercher la qualification et le record. Du coup, je secoue le peloton. Il ne reste que Moreira. Je fais un 2000m en 6'20"6 puis 3'10 entre le 7 et le 8. Moreira passe et accélère. Je sais qu'elle est plus rapide (record de 14'54). Visuellement, cela se voit elle a du pied c'est une pistarde. Elle part sans que je puisse accrocher. Je suis dans le dur et fais un kilo en 3'12. Je me trouve dans le traffic à doubler des filles en virage au 2è couloir. Je ne dois pas lâcher l'affaire, je suis 2è. Je relance malgré la chaleur qui nous pèse et finis en 3'08. La dernière ligne, je ferme les yeux et donne tout. Je passe la ligne sans savoir ce que j'ai fait si ce n'est 2è de la course.
Contente de ma course avec ma première médaille individuelle avec le maillot de l'équipe de France. Suspens pendant de longues minutes! Chaque membre de l'équipe donne son chrono : 31'44 et des poussières...moi, j'étais loin...Je pense que cela fait quand même moins de 45. Les commentaires sont optimistes mais pas sûr à 100%. Et le soulagement, un podium avec une qualification pour Daegu mais à 2'01 du record de France. J'ai tenté, je ne pouvais pas faire mieux avec les conditions que nous avons eu ce jour là. Rendez vous le 27 août à 21h...Merci à tous pour vos encouragements...
Promis je vais progresser en anglais...
Vidéo de la course sur
"you tube"
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Mon interview en anglais...